Toile sans étoile

Des nouvelles de Lorraine

Toile sans étoile

30 juillet 2026 Non classé 0

Vous allez être fières de moi mes chéries (non, pas vous, j’ai dit « mes chéries ») j’ai SAUVĖ une araignée ! Dieu sait (et ses archanges, ses anges, ses chérubins et le diable aussi et toute sa cohorte de tentateurs de tous poils) que je déteste les araignées : ça me dégoûte, me fiche la frousse, la haine. Ce doit être l’effet de toutes leurs innombrables pattes qui s’agitent urbi et orbi et dans tous les sens et qui me rappellent qu’elles me tiennent comme mes péchés dont je ne peux pas m’échapper. Oh, d’accord, elle n’était pas très grosse ; pas petite non plus, moyenne ? Bonne moyenne, gibbeuse peut-être. Ça n’était pas une noire, non, ni rouge, ni Jane, ni blanche, un peu brune, couleur terre. J’ai failli me tuer à cause d’une araignée : j’ai sauté par une fenêtre où j’étais penchée et j’avais mis la tête dans une toile : épouvantée, j’ai bondi. Heureusement, ça n’était pas très haut (mon degré d’intelligence également, j’aurais pu me tuer) mais je m’en suis sortie avec une cheville foulée. J’en ai mangé une aussi. Nous étions en vacances dans une ferme des Vosges et au petit-déj, je dégustais mon café au lait et je vois quelque chose qui bouge entre la cuillère et la faïence : c’était une araignée qui était tombée du plafond dans ma tasse. Crise de nerf garantie.

Mais revenons à mon sauvetage dernier, j’ai donc réussi à faire glisser bestiole sur un papier et dans une superbe et terrifiée envolée la jeter dans le jardin par la fenêtre ; C’est que l’on m’a fait la leçon : « les araignées sont des petites bêtes comme les autres (sous-entendu : comme toi), et elles mangent les moustiques, les sales mouches. « Ah bon, alors, – ai-je finement rétorqué – les mouches et insectes ont le droit d’être croquées mais sauvons les araignées ! »

Ne vous inquiétez pas les chéries, j’ai bien compris la leçon, la preuve, j’ai sauvé Gertrude.  Oui tant qu’à faire autant lui donner un nom si d’aventure je la croise au jardin.

Mais, qu’elle fasse gaffe, il ne faut pas abuser de ma magnanimité non plus.

Parce que vraiment, je n’aime pas.

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