L’envers de l’enfer
L’enfer, celui que l’on pratique morceau par morceau : un petit morceau pour maman disparue trop tôt, un petit morceau pour papa qui a dédaigné sa famille pour une grisette sans cervelle. Un gros morceau pour ce bel amour qui vous a plaqué sans prévenir, encore une cuillère pour ce bébé qui n’est jamais venu ou ce petit-enfant que vous attendiez tant. Vous voyez, que vous pratiquez très bien l’enfer, sans entraînement spécial, sans cours du soir, sans dictionnaire. C’est formiDiable ce que l’on est capable d’endurer ; il suffit d’apprendre à s’accorder le bénéfice des larmes comme l’accordeur d’un piano virtuel. Larmes de sang, larmes de crocodile, le bord des larmes, les bébés l’ont bien compris qui s’en servent pour communiquer. Qui pleure vendredi, dimanche rira.
Qui jamais ne pleure, jamais ne s’en sortira.