Le voile que voilà
C’est la deuxième fois que j’en parle mais pour certains ça fait 30 ans qu’ils déblatèrent sur le sujet et le voilà qui revient une ixième fois sur le tapis alors j’ai encore de la marge : il s’agit du port du voile et de ses corollaires, port du voile dans un espace public, à l’école, au travail, à la piscine, voile intégral, hidjab, niqab. Moi qui vous parle et qui ait connu la fin de la guerre d’Algérie, j’ai vu arriver les premiers musulmans avec leurs épouses qui ne portaient pas de voile (à part quelques vieilles grands-mères qui mettaient un foulard sur la tête tout comme le faisaient les bonnes chrétiennes de chez nous). Jamais aucune ostentation ni revendication de leur part tout ce qu’ils demandaient c’était de s’intégrer et de se fondre dans la masse. Moi, qui vous parle, j’ai visité une mosquée : on m’a demandé de retirer mes chaussures parce que c’était la règle de l’endroit ce que j’ai fait sans regimber. Je l’ai respectée tout comme chacun se doit de tenir compte des principes du lieu où il choisit de vivre. Moi qui vous parle, j’ai écouté encore ce matin (oui, je n’avais certainement rien d’autre à faire) un grand rabbin indiquer que NULLE PART dans le coran il n’est précisé que la femme doit se couvrir sous peine de péché mais en réalité le coran parle de « voiler les parures des femmes» donc, pour lui, certainement à l’origine des bijoux. Selon, les exégètes, le port du voile s’adressait aux femmes de condition libre quand elles quittaient leur maison pour qu’elles ne soient pas confondues avec les esclaves qui sortaient les cheveux pendants. Et moi qui vous parle, je peux confirmer que ma très chère maman m’a longtemps refusé le droit de sortir les cheveux dénoués ce qui pour elle faisait négligé : « tu ne vas pas sortir « en cheveux » me disait-elle. Bref, je reviens au port du voile islamiste, celles et ceux qui le revendiquent au nom du Coran, oublient qu’il a été écrit aux environs du IX ème siècle et que depuis les choses ont un tantinet évolué : si ces gens veulent conserver les lois et les écrits de cette époque à la lettre, alors qu’ils le pratiquent jusqu’au bout du bout et si aujourd’hui la lecture de ce livre se doit d’être « à tout point conforme au Coran tel qu’il fut dicté par l’ange Gabriel à Mahomet », or donc, il faut faire fi de tout ce modernisme décadent que les musulmans adoptent pourtant à tour de bras et qui n’est certainement pas mentionné dans le Coran : Le prophète n’a jamais dit : tu conduiras une voiture, tu téléphoneras avec ton cellulaire, tu regarderas la télé, tu prendras l’avion, tu surferas sur internet, tu entreras dans les cinés bref, si tu veux porter le voile comme au temps de l’écriture du Coran, femme, tu profiteras aussi des mêmes droits qu’à l’époque, c’est-à-dire : AUCUN.
2 réponses
L’obscurantisme, parlons-en! Il y a déjà dix ans j’écrivais ce qui suit. Allez, disons que ce sont les propos d’un agnostique.
Nous sommes le 30 août 2010. Il est sept heures, je prends la route. Ce matin, au poste, le terme lapidation a été prononcé à deux reprises. Un ministre accuse la presse d’être victime d’une véritable lapidation. Par ailleurs, l’Iran islamiste a condamné une jeune femme à la mort par lapidation.
Informations lapidaires balancées comme des pierres dans un jardin.
Les journalistes de cette radio utilisent par ailleurs, depuis quelques temps, un néologisme barbare en parlant de l’action qui consiste à jeter des cailloux sur autrui : « caillassage », disent-ils, quand des policiers reçoivent des jets de pierre. Des trois situations ci-dessus, qui rappellent un même geste, qui évoquent l’intention de faire mal, j’ai envie de n’intercéder qu’en faveur de la jeune femme adultère, cette dernière me faisant penser à Marie-Madeleine, sauvée de justesse par Jésus qui aurait lancé avec grandiloquence : « Que celui qui n’a jamais péché me jette la première pierre ! ».
A l’enfant on interdit de jeter des cailloux ; ils pourraient blesser !
Le ministre a pu se sentir agressé, mais les pierres qu’on lui a jetées n’ont fait qu’égratigner son honneur. Et l’analogie avec la lapidation s’arrête à l’interprétation toute personnelle des attaques dont il est victime.
Le caillassage des policiers, tapis derrière leurs boucliers de plexiglas, juste avant l’offensive, caricature des légionnaires romains faisant la tortue, c’est un peu comme les cocktails Molotov jetés contre les chars russes à Prague ou à Budapest, ou encore l’enfant du Liban, armé d’un caillou quand l’armée israélienne envahit son pays. Mais là encore le geste est différent. On lance des pierres, on ne lapide pas.
La lapidation n’a donc plus cours que dans l’Iran d’Ahmadinejad. Et l’histoire nous renvoie deux mille ans en arrière. Jésus dénonçait-il alors la barbarie de la mise à mort ? Quoiqu’il en soit, il donnait à la femme une place dont le patriarcat religieux ne voulait entendre parler. Mais nous avons oublié la parabole de Jésus et nous ne sommes pas en reste avec notre culture judéo-chrétienne. Il y a un siècle encore, le meurtre commis par le mari de la femme adultère à son domicile était totalement absous. Et plus proche de nous, les bonnes consciences ont légitimé la tonsure de la femme qui avait couché avec l’envahisseur Allemand.
A la petite Iranienne, je ne suis d’aucune aide et les voix qui s’élèvent contre ce qu’on ne tolère même plus chez nous pour chasser un chien errant ne feront rien contre l’obscurantisme. En revanche, pour elle, je crie tout mon mépris contre le fanatisme, religieux ou politique, toujours ennemi de l’homme, toujours tueur au service d’un système.
L’Iran cache la femme derrière un voile. Mais c’est la honte qui voile les dirigeants de ce pays. Elle s’appelle Sakineh Ashtiani. Elle est belle. Elle a vécu ce que vivent les roses l’espace d’un instant.
Merci pour ce commentaire plein de cette compassion et de cette émotion qui nous manquent si souvent.