Paradoxalement parlant
Peut-on croire que l’obstétricien qui accouche une femme se rend compte qu’il crée un paradoxe indéfectible ? Ça s’écrit ça : un paradoxe indéfectible ? Bien sûr que oui, puisque je viens de le faire… Qu’est-ce que je peux être distraite quelquefois. Je blague parce que je trouve l’image tellement forte quand j’y pense que ça me trouble : Donc, l’obstétricien en question coupe le cordon ombilical qui relie la nouvelle maman à l’ancien fœtus. IL LE COUPE ! Il coupe et découpe , il tranche dans le vif, il taille, et ce faisant il le supprime, il l’annihile, il le fait disparaître , hop comme une magicien.
Mais à la place, il consacre ainsi un lien aussi invisible que secret mais indestructible et que plus rien ne pourra plus jamais abolir.
Oui, bien sûr, il y a des cas où ça n’est pas le cas justement, mais en règle général c’est bien ce qui se passe.
Où qu’il aille l’enfant sans cordon est désormais relié à sa mère par un réseau de fils auprès duquel le web ressemble à du pipi de chat. Le Le World Wide Web , la toile d’araignée mondiale, laissez-moi rire. Ah, ah, ah, ris-je. En fait, je pense que c’est surtout la mère qui détient au fond de ses entrailles, de ses tripes, la pelote de ficelle qui ne veut pas dire son nom, extensible jusqu’à l’infini qui a bourgeonné à l’instant où le cordon de chair a été sectionné. Et il en faut du métrage, car si un fil se rompt, dix autres vont prendre la relève pour rétablir le contact.
Les chercheurs ne sont inspirés de rien d’autre pour définir la physique quantique, c’est certain.
En tous les cas, c’est une belle image