Crac de fin
Top zéro, j’ai terminé de ranger les décorations de Noël…
Pas trop de nostalgie, non je me suis aidée en respectant nos traditions familiales : casser une boule « accidentellement » et oublier une étoile de Noël dans un coin de la maison, que je retrouverai, à Pâques par exemple.
Comment on fait pour casser une boule sans le faire exprès ? On lui dit « casse-toi de là, ça n’est pas ta place » parce qu’on veut la ranger dans une boîte et comme elle prend ça au premier degré, elle casse. Quant à l’étoile, à vrai dire, je n’en sais encore trop rien , mais du fait que ça se reproduit tous les ans je ne vois pas comment je pourrais faire exception à la règle. Il ne faut pas tenir le passé à l’écart, sinon il meurt de soif et de solitude. Et Dieu sait que l’on a besoin de son passé ; comment ferait on pour exister dans les circonstances sinistres si on ne ressassait pas les instants délicieux en se disant : « puisque ce fut, ce pourrait être à nouveau. »
Pour me récompenser, je me verse un verre de vin c’est encore ce que l’on a trouvé de mieux pour combattre l’ennemi à condition de ne pas en abuser – du vin, pas de l’ennemi – .
Par la fenêtre, la croissante lune gibbeuse me couve de sa sagesse ancestrale et tisse ses liens profonds entre l’humanité et le cosmos. Elle est réputée apporter une énergie positive… La seule positivité que je recense c’est d’avoir des yeux pour la contempler, ce qui est déjà énorme même si le ciel est bleu, et que mes yeux ne le soient pas, qu’y puis-je je ne suis pas magicienne et je n’ai pas la puissance de repousser les forces qui me sont imposées, mais j’ai le velours pour moi. Si le soleil du Maghreb ne s’en était pas mêlé j’aurais peut-être les yeux de ma mère, de mon grand-père, de ma grand-mère, de mes ancêtres quoi, bleu pâle, très pâle. Mais, c’est le soleil le seul coupable.
Un jour le dit soleil ne me fera plus d’ombre. Il ne fera plus rien du tout du reste au demeurant. Ça ne me fait même pas peur… Ça me fait TRÈS peur. Le plus misérable brin d’herbe se dressera victorieusement là où mon pied ne se posera plus . La plus désinvolte des gouttes de pluie ne mouillera pas davantage mon visage désormais impavide, le plus vaporeux chatoiement d’humanité sera plus léger que moi. C’est à peine croyable, mais ce sera.