Et voilà pourquoi je ne parlerai pas de Jack Lang
Je ne vais pas parler de Jack Lang non,
… quoique, si .
Réflexion faite se serait trop me demander que de la boucler
Pourquoi lui, alors que tant d’autres font pareil voire pire.
Hé bien parce que je l’ai connu, qu’il me faisait penser à un romanichel (on est entre nous), alors qu’il arborait une attitude de noblesse indulgente, d’un lyrisme évaltonné et qu’il a fait beaucoup parler de lui à l’époque et pas pour des raisons illustres, je ris chaque fois que je pense à lui.
L’histoire se passe en 1964 (Bon, on ne va pas me faire un procès si c’est 1965). Je terminais mes études de secrétariat et diplôme en poche, j’avais aussitôt (quelle belle époque) trouvé une place aux CROUS de Nancy (CENTRE RÉGIONAL DES ŒUVRES UNIVERSITAIRES ET SCOLAIRES). Malgré son titre à rallonge, le CROUS était logé dans un immeuble particulier prés de la Porte Desilles à Nancy en attendant de déménager dans un concept plus à sa taille. Dans cette maison de plusieurs étages, on fourrait un peu tout ce qui touchait à l’université et ainsi un jeune érudit que l’on disait brillant – et ambitieux – se voit octroyer un bureau dans les étages où il vient créer le CLUB UNIVERSITAIRE LORRAIN. Je la revois parfaitement cette porte, la partie basse en bois, la partie haute en verre cathédrale jaune où notre bon Jack s’empresse de faire peindre le titre de son œuvre avec les initiales en grosses majuscules : Club Universitaire Lorrain – CUL – Président Jack Lang. Etait-il absent, était-il occupé ou voulait-il jouer les indifférents pour qui c’était normal de voir son nom et son titre en bonne place, toujours est-il que la malice a vite fait de monter et descendre les escaliers chacun voulant voir de ses yeux avant que lui-même ne soit avisé et s’empresse de faire rectifier la chose en »CLUB LORRAIN UNIVERSITAIRE ».

Ce qui m’avait choquée à l’époque, c’est que la mode étant aux acronymes, il n’ait pas tout de suite percuté. Voulait-il jouer les blasés, n’avait-il pas l’esprit assez vif, était-il au-dessus de ces contingences bassement matérielles, aucune idée, mais la conclusion quasi-générale fut : « Il est mal parti celui-là ». Ce en quoi tout le monde se trompait.
On me dit « Il a beaucoup fait pour la culture ». Sans doute mais il a quand même dit récemment : « Je suis blanc comme neige ! »… pour le Président de l’Institut du Monde Arabe, c’est plutôt maladroit.
Une réponse
Mais elle ne sait pas tenir sa langue!